Revue 2018 du monde microbrassicole québécois

Revue 2018 du monde microbrassicole québécois
31 Déc 2018

Une autre année se termine déjà et il faut dire qu’il s’est encore passé beaucoup de merveilleuses choses dans l’univers microbrassicole québécois! C’est la quatrième année que nous rédigeons ce type d’article récapitulatif de l’année et c’est la cinquième année d’activité du site internet L’amateurdebière.com… déjà! Nous trouvons très plaisant d’observer l’évolution de ce monde passionnant et nous espérons que vous appréciez autant que nous! Voici donc quelques faits et événements marquants qui ont retenu notre attention en cette année 2018. Si ce n’est pas déjà fait, ouvrez-vous donc une bonne bouteille avant d’entamer cette lecture. Santé!


1. Les microbrasseries qui sont sur une bonne lancée


-Lagabière :

Avec des produits phares comme Ta Meilleure et Ta Plus Meilleure, la microbrasserie Lagabière s’est créée une belle réputation. Leurs nouveautés sont toujours très intéressantes à suivre également (la Poudre Jaune, la Funkymothé, l’Énarvante, Ta Moins Forte…) et c’est sans compter la qualité de l’ensemble de leurs produits réguliers, même les moins populaires!


-La Souche :

Depuis l’ouverture de leur usine de production à Stoneham, la Souche est extrêmement productive! Je n’ai pas réussi à suivre toutes leurs nouveautés et déjà le site internet m’indique que j’ai dégusté 22 bières différentes de leur part en 2018! La productivité c’est bien mais la qualité c’est encore mieux. Et je dirais qu’elle est au rendez-vous chez la Souche, leurs produits étant pour la plupart très intéressants, ou très honnêtes dans le pire des cas.


-À la Fût :

La microbrasserie À la Fût propose des produits de qualité depuis déjà plusieurs années. Par contre, je trouve qu’ils se sont particulièrement surpassé cette année dans le créneau des bières sauvages et fruitées. On peut par exemple penser à la Riverblend du Farwest (en collaboration avec Riverbend), à la QV10 aux petits fruits ou encore à la Dolgo à Gogo, qui étaient toutes exceptionnelles.


-Oshlag :

La brasserie Oshlag nous propose évidemment toujours des bières très intéressantes disponibles les unes après les autres en quantités limitées. J’aimerais ici attirer votre attention sur leur gamme régulière en cannettes, qui a commencée à se constituer cette année. Il faut dire que des bières aussi bien réalisées que la Kellerbier, la Nano IPA, le Stout Blanc ou la Miettes, à un prix aussi abordable est quelque chose de vraiment intéressant!


-Avant-Garde

Avant-Garde s’est vraiment dépassé cette année également avec ses différents assemblages de bières sures (et souvent fruités). Voici quelques-uns de leurs chefs-d’œuvre sortis en 2018 : la Pilsner Funky aux griottes, la Chats Sauvages Goyave, la Perdu dans Malle Bourbon, la Wild 4 ou encore la Pawpaw T’es Mort. Très bientôt, les bières de cette brasserie ne proviendront plus de chez Oshlag mais bien de leurs propres installations. Nous avons bien hâte de goûter à leurs futures créations.


-Le Castor

Le Castor s’est également démarqué cette année avec plusieurs nouveautés très intéressantes (je tiens à mentionner qu’évidemment même leurs bières régulières sont excellentes) : la Saison Rayée, la Pilsner, la Fructus, la Houblon Brut, la West Coast Lager, la Saison Macérée, entre autres. Le Castor, c’est toujours une valeur sûre!


2. Les nouvelles microbrasseries qui ressortent du lot


-Brasserie du Bas-Canada :

Cette microbrasserie existait déjà en 2017 mais c’est véritablement en 2018 qu’elle a forgé son identité …et sa réputation! Des bières comme les HYPA (une série de New England IPA), la Los Tabarnacos (Milkshake IPA) ou encore la Crime & Châtiment (Stout impérial vieilli en fût de bourbon) nous démontrent le savoir-faire de cette jeune brasserie dans ces styles de bières très en vogue. En ce moment, je crois qu’on peut affirmer sans trop de gêne qu’il s’agit de la meilleure nouvelle (relativement nouvelle) microbrasserie au Québec.


-Matera

Matera Brasseurs Tonneliers nous proposait déjà quelques bières en cannettes et en bouteilles à la toute fin de l’année 2017. Par contre, d’excellentes créations comme la S’toutünstout ou la Coming of Age (entre autres) sorties en 2018 se doivent d’être soulignées.


-L’Octant

Cette jeune microbrasserie de Rimouski nous a proposé ses premières bières embouteillées en début d’année. Parmi celles-ci, on retrouve quelques petites perles, par exemple la Géante Rouge (Best Bitter), l’Étoile Noire (Porter américain au café) ou la GéoCoucou (Brut IPA). Il semblerait également que le plus récent brassin de leur Toucan (NEIPA) est exquis.


-Bob Magnale

Pour être honnête, je n’ai personnellement pas encore goûté aucune des bières de ce brasseur. Il semblerait toutefois qu’elles valent vraiment la peine d’être découvertes (entre autres la Kiwiliner Weisse, la Pas à Pas et la Bourbonade). Il faudra que je goûte à ça dès que j’en ai l’occasion!


-Shelton

Ce brasseur était déjà présent également dans la deuxième moitié de 2017 mais c’est en 2018 que plusieurs de ses bières sont apparues pour la première fois. Je nommerais parmi celles-ci l’IPA du Jour (qui, dépendamment des brassins, est certainement l’une des bonnes NEIPA au Québec), la Grätzer (une excellente bière qui semble pourtant être passée sous le radar) ou encore le Stout Impérial (ainsi que sa version affinée en barrique de scotch sortie récemment). Certaines autres recettes, celles de la NEIPA par exemple, semblent également s’être améliorées au fil des brassins. Honnêtement, c’est un brasseur que je suis avec enthousiasme.


3. Événements marquants


-Foudres Unis

Cette première édition du festival Foudres Unis organisé par la Brasserie Dunham restera certainement gravé dans la mémoire de ceux qui y étaient présents. Des bières de qualité renommées provenant du Québec et d’ailleurs (Canada, États-Unis, Belgique…), un site magnifique, de la bière à volonté, une organisation parfaite… Ce fût vraiment une expérience incroyable. Vous pouvez consulter notre compte-rendu pour plus de détails sur cet événement. Le festival ne reviendra qu’en 2020 alors tout ce que nous pouvons dire pour le moment c’est que nous avons bien hâte à cette seconde édition!


-Release de bières chez la SAQ :

La SAQ semble enfin s’être ouverte plus sérieusement au créneau de la bière d’importation. Avec des arrivages de brasseries de renom comme Nickel Brooke (Ontario), Brewdog (Écosse), De Ranke (Belgique), Cantillon (Belgique) ou Boon (Belgique), je crois qu’on peut dire que ce sont de très bons coups. En novembre dernier, il y a même eu un Release en ligne de bières de dégustations, plus intéressantes les unes que les autres. La demande pour la bière importée de qualité est là, il ne suffit que d’y répondre. D’ailleurs, je crois que c’est entre autres grâce à ce genre d’initiative que plusieurs amateurs québécois ont pu goûter pour la première fois à du Lambic belge traditionnel (de Boon, Oud Beersel, etc.). Pour les amateurs de bières, c’est très intéressant d’enfin pouvoir goûter à des produits d’ailleurs, difficilement accessible auparavant. Ça forge le palais, ça fait connaître autre chose et même si ça n’encourage pas directement les microbrasseries d’ici, je suis persuadé qu’au long terme ça ne peut qu’être bon pour le marché québécois. Les brasseurs devront toujours repousser les limites pour nous proposer des produits originaux et de qualité.


4. Les tendances


-Les NEIPA et les bières sures :

Plus que jamais, les NEIPA et les bières sures sont à la mode. De plus en plus de gens se tournent vers la bière de microbrasserie et ces deux styles précisément semblent être les plus recherchés. Du côté des NEIPA, c’est cette explosion fruitée qui charme. Du côté des bières sures (qui sont parfois fruitées), c’est cette acidité qui tire dans les joues. Évidemment, il se fait de l’excellente bière au Québec dans chacun de ces styles. On semble toutefois observer une accentuation du nombre d’amateur qui ne recherchent que l’un de ces deux styles (ou encore seulement ces deux-là). La bière que l’on boit est évidemment un choix personnel mais je ne peux m’empêcher de trouver un peu triste cette radicalisation des goûts. Certains styles de bières sont carrément boudés parce qu’ils ne sont pas à la mode. Il semble devenir de plus en plus rare de constater qu’un amateur de bière apprécie une bonne Saison belge parfaitement « dans le style » ou encore une bonne Bitter anglaise typique par exemple. N’oublions jamais que chaque style de bière possède ses qualités et son histoire. Il ne reste plus qu’à être ouvert, à les découvrir adéquatement et à apprendre à les apprécier!


-La Brut IPA :

On entend souvent dire que les Brut IPA, ces IPA bien sèches (peu sucrées) et pétillantes seraient la prochaine grosse tendance dans le monde de la bière après les NEIPA. On a déjà pu en goûter quelques-unes en 2018 : l’IPA Cuvée Extra-Brut de MonsRegius, la Brut IPL de Maltstrom, la Double IPA Brut Ale de la Microbrasserie Charlevoix, la Houblon Brut du Castor, la BrutAle de Brasserie Alpha et la Voie Maltée, la GéoCoucou de l’Octant, la Sérieux IPA Brut de la Chouape, entre autres. Personnellement, j’aime beaucoup cette sécheresse caractéristique qui rend ce style de bière très rafraîchissant. Par contre, je n’ai pas l’impression qu’il a le potentiel de rejoindre un aussi large public que les NEIPA avec leurs intenses saveurs fruitées. Dans tous les cas, on surveille les développements dans ce style de bière en 2019!


-Les Pilsners et autres Lager pâles :

Les amateurs de Lagers pâles et de Pilsners ont été gâtés cette année. Plusieurs microbrasseries en ont proposé pour la première fois, et d’excellentes qui plus est. Nous ne sommes plus à l’époque où Lager pâle rime avec peu de goût. Les délicieuses Lagers pâles que nous avons pu goûter sont bien souvent d’inspiration allemandes ou tchèques et possèdent une céréale nuancée, mielleuse et bien craquante, un houblon herbacé et floral ainsi qu’une délicate amertume. On va se le dire, en tant que bières de soif (tout en possédant un profil de saveurs intéressant), il se fait difficilement mieux. Quelques exemples qui sont définitivement à essayer si ce n’est pas déjà fait, ou à racheter à répétition sinon : la Pilsner du Castor, la Zizen Pils de Vox Populi, la Saaz Pils de Memphré, la Kellerbier d’Oshlag ou encore la Hopfen Pilsner de Vrooden.


-La multiplication des brasseurs vagabonds/à contrat :

Cette tendance ne date bien sûr pas de cette année mais on peut voir qu’il y a de plus en plus de brasseurs à contrat. Il y a la brasserie Oshlag bien sûr chez laquelle plusieurs brasseurs font brasser et embouteiller (ou encanner) leurs produits (on peut penser à l’Espace Public, Matera, Drav, Avant-Garde…). Il y a aussi quelques brasseurs dits « vagabonds » ou « itinérants », comme par exemple Bière Vagabond, l’Appât du Grain ou Barbe Rouge, qui ne possèdent pas de brasseries à proprement parler mais qui brassent leurs bières dans les installations d’autres microbrasseries. Ça peut rapidement devenir mélangeant pour le consommateur de ne pas savoir où une bière est brassée dans ce contexte où il existe plusieurs brasseurs à contrat. Par contre d’un autre côté, cela permet de faire connaître des brasseurs plus facilement et rapidement (ceux-ci n’ayant pas besoin de faire de gros investissements dans une brasserie dès le départ) et de bien débuter leur aventure brassicole. Certains finissent même par ouvrir leurs propres installations, on peut penser à Avant-Garde justement qui proposera bientôt des produits brassés dans ses propres cuves. Vox Populi est un autre exemple de ce genre d’aboutissement, cette microbrasserie s’étant fusionnée avec le Groupe Glutenberg en 2018.


-La valorisation de la bière indépendante :

Après l’achat de Trou du Diable l’an passé par MolsonCoors, plusieurs amateurs semblent s’être sentis trahis par cette transaction. L’appellation « microbrasserie » qui incarnait auparavant une certaine philosophie semble être devenu désuète (je tiens à rappeler ici que le terme « microbrasserie » réfère uniquement au volume de production d’une brasserie). On parle maintenant de plus en plus de « brasserie indépendante » pour désigner cette philosophie de l’achat local (un logo est d’ailleurs déjà en préparation de la part de l’AMBQ à cet effet). Bien que les débats autour des achats de microbrasseries par de plus grands groupes fassent toujours rage sur les médias sociaux, on peut au moins dire qu’ils auront apporté l’amateur de bière à réfléchir sur la question et à lui rappeler quel type d’entreprise il désire encourager en tant que consommateur.


-Toujours plus de microbrasseries

Cette année, nous avons dépassé le cap des 200 microbrasseries (permis de brasseurs industriels et brasseurs artisans inclus) sur le territoire québécois, 218 à l’heure actuelle pour être plus précis. À titre de comparaison, il n’y en avait qu’environ 150 en 2015. Ça fait donc beaucoup de choix pour le consommateur. Il n’est évidemment plus humainement possible de goûter à tout ce qui se brasse comme c’était le cas il y a à peine quelques années.


-Saturation du nombre de microbrasseries?

Y a-t-il une saturation du nombre de microbrasseries au Québec? Je crois que la plupart des experts en bière sont d’avis que non. C’est plutôt sur les tablettes des marchands spécialisés que la limite possible est atteinte. Certains commerçants doivent donc faire des choix et ne peuvent plus proposer les produits embouteillés de toutes les microbrasseries. Il reste toujours amplement de place pour les microbrasseries axées sur le marché local toutefois (il pourrait possiblement y avoir une microbrasserie ou broue-pub par village). 


-Accentuation de la régionalisation des microbrasseries :

On parlait déjà de cette accentuation l’an passé et cette année j’ai l’impression qu’elle est plus forte que jamais. La Gaspésie a Auval, le Bas-Saint-Laurent a Tête d’Allumette et l’Octant. L’Outaouais a la Brasserie du Bas-Canada, l’Abitibi-Témiscamingue le Prospecteur… On peut s’approvisionner en cruchons au Relais Boréale de Blainville, chez le Trou du Diable à Shawinigan, au Siboire à Sherbrooke… Chaque région possède ses microbrasseries qui favorisent le marché local. Personnellement, je trouve cette diversité très rafraîchissante et intéressante. En tant que consommateur, je crois qu’il faut par contre être conscient de cette réalité pour ne pas être déçu de ne pas avoir accès à certains produits plus limités. Il s’agit de produits artisanaux qui ont même parfois intérêt à être consommés frais. C’est l’occasion de faire connaissances avec des gens qui partagent la même passion et d’échanger les trésors brassicoles cachés de sa région contre ceux d’une autre région à laquelle nous n’avons pas accès. C’est aussi un des plaisirs de cet univers microbrassicole.


5. Les nouvelles microbrasseries à surveiller de près en 2019


-Brett & Sauvage :

Brett & Sauvage est le nouveau projet de Francis Joncas de la microbrasserie Pit Caribou. Avec celui-ci, on mise sur les bières de fermentation spontanée et les bières fermentées à l’aide de levures sauvages issues de l’environnement gaspésien. Si on est chanceux, on pourra peut-être voir les premiers brassins s’effectuer au courant de 2019 mais il faudra probablement attendre plus longtemps pour que les assemblages de bières spontanées (à la manière des Gueuzes belges) voient le jour. Comme il s’agit d’une nanobrasserie, les quantités seront probablement très limitées mais gageons que plusieurs bières très intéressantes sortiront des cuves de Brett & Sauvage. Un dossier à suivre!


-Brasserie Beauregard :

Nous n’avons pas encore pu mettre la main sur les produits de cette brasserie mais je crois qu’ils méritent qu’on s’y intéresse très bientôt. Cette microbrasserie est en effet (pour l’instant) spécialisée dans les styles de bières plus foncées : un Dry Stout, un Porter baltique, un Stout impérial chocolat et noisettes, un Stout aux arachides… Audacieux en ces temps dominés par les bières sures et les NEIPA!


-Brasserie Alpha :

Nous avions mentionné cette microbrasserie dans cette section « nouvelles microbrasseries à surveiller » l’an passé mais ce sera finalement en 2019 que nous pourront enfin goûter à leurs produits. Je le rappelle, cette microbrasserie de Québec sera essentiellement spécialisée dans les styles de bières bien houblonnées (IPA, Session IPA, Pale Ale américaine…), je crois donc que ça plaira à une large tranche d’amateurs de bières. Nous avons pu avoir un avant-goût de leur savoir-faire cet automne avec l’excellente BrutAle, une collaboration avec la Voie Maltée.


Conclusion

Voilà! J’espère avoir couvert l’ensemble des tendances et des faits marquants de l’année 2018 dans le monde microbrassicole québécois (même si j’en ai probablement oublié!). Ce ne fût pas nécessairement l’année la plus remplie en termes d’événements marquants mais on peut certainement observer une nette évolution dans la quantité et la qualité des produits qui nous sont proposés semaines après semaines. Gageons qu’il y aura encore beaucoup de développements d’ici l’an prochain. Nous, on se retrouve dès le début 2019, avec de nouveaux tests et de nouvelles découvertes des bières de chez-nous. Bonne soirée et surtout, bonne année!


-Simon


Simon Rioux

Je suis originaire de Trois-Pistoles (oui comme la bière!) dans le Bas-Saint-Laurent, tout comme Manuel et Philippe. J’ai réalisé une maîtrise en anthropologie qui porte sur le thème de l’ancrage régional des microbrasseries du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Mes premières expériences avec la bière de dégustation ont été avec celles que l'on retrouvait à la SAQ aux débuts des années 2010 (une sélection assez limitée donc) puis en boutiques spécialisées par la suite. Les styles que j’affectionne le plus sont les Saisons, les bières sauvages, les IPA, les Pilsners, les Lambics, les Barleywines, les Stouts, etc. J’aime bien ce qui est intense au niveau des saveurs, tout en ayant un faible envers ce qui est bien équilibré, mais je suis très ouvert et j’aime découvrir tout ce qui se fait peu importe le style. La plupart du temps, j’essaie de goûter à toutes les nouveautés qui s’offrent à moi.

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